Enzo Traverso : « Renvoyer dos à dos le nazisme et le stalinisme est un anachronisme »

28 mars 2007

A feu et à sang. De la guerre civile européenn
En complément à un précédent billet ExtrêmeCafé, un extrait de l’interview accordé par Enzo Traverso à la revue Politis du 22 mars 2007. Dans cet extrait, Enzo Traverso revient sur la question du fascisme et de l’anti-fascisme dans l’entre-deux-guerres :

Cette guerre civile se poursuit avec l’avènement des fascismes. Or, le regard sur l’antifascisme fait depuis l’objet de débats importants…

J’appartiens à cette catégorie d’historiens pour lesquels le fascisme et l’antifascisme ne sont pas seulement des catégories historiques mais aussi un héritage actuel et vivant pour la définition des démocraties dans lesquelles nous vivons. Je pense en effet qu’une Europe démocratique qui n’aurait pas tiré les leçons de l’anéantissement de la démocratie par le fascisme serait bien fragile. Récuser l’antifascisme, comme le font certains historiens d’orientation libérale ­ par exemple François Furet ­, fragilise donc nos démocraties, qui ont trouvé leurs raisons d’être dans le combat contre le fascisme. Mais cela implique aussi pour les historiens une réflexion et un travail d’historicisation critiques sur cette expérience historique, visant à reconnaître les contradictions et les limites de l’antifascisme. Une de ses limites a bien sûr été sa relation de complicité avec le stalinisme, qui fut le fait parfois d’une simple incompréhension de la véritable nature de ce dernier, parfois d’une complicité assumée, parfois encore d’une attitude de complaisance avec lui, considérée comme un prix à payer en dépit de tout ce qu’on pouvait connaître.

Une autre limite se trouve dans l’incompréhension de la nature exterminatrice de l’antisémitisme nazi, même si cette incompréhension a frappé la culture européenne dans son ensemble. Il faut ajouter que cela ne permet en rien de plaquer sur le conflit entre fascisme et antifascisme des lectures rétrospectives projetant des catégories de notre temps. Je ne crois pas non plus qu’on puisse analyser ce conflit à la lumière de la notion de totalitarisme, en y plaquant l’opposition totalitarisme/antitotalitarisme. En effet, si on contextualise les postures de l’époque, on voit bien que les (rares) « antitotalitaires » qui renvoyaient alors fascisme et stalinisme comme deux visages d’un même totalitarisme se condamnaient non seulement à l’isolement mais aussi à l’impuissance. C’est pourquoi je parle dans mon livre d’anachronisme vis-à-vis de ceux qui tentent de défendre aujourd’hui cette thèse. Les figures les plus lucides de la culture libérale de l’époque ont en effet fait un choix : Raymond Aron a décidé d’aller à Londres et de rejoindre le camp allié à l’Union soviétique contre l’Allemagne nazie…

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AutoCafé

25 mars 2007

Le dernier dimanche du Salon de l’Auto 2007 de Genève a été l’occasion d’une virée à la demande de mon fils.
Voici notre petit compte-rendu entièrement subjectif et partiel de notre virée:
Salon Auto mars 2007Salon auto mars 2007 Genève
Salon auto mars 2007 Genève

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JohnstoneCafé

20 mars 2007

Vous regrettez Hotel California ou encore mieux Desperado des Eagles.

Running on Empty ou The Pretender de Jackson Browne font partie de votre collection de vieux 33 tours usés à la corde.
Vous appréciez les voix chaudes portées par des arrangements épurés. Un piano, un violon/violoncelle, des percussions, une guitare sèche, des voix.
Vous voulez être pris-e par la main et emporté-e dans l’univers personnel d’un-e songwriter. Qu’il ou elle vous embarque dans une histoire. Sans fioriture. Sans effets de manche. Mais avec sincérité.

Alors vous aimerez One a Good Day de Jude Johnstone.

D’abord, il y a la voix, puis le piano. Une forme de douceur jamais mielleuse. De quoi vous apaiser après une laborieuse journée de travail. Une respiration. Laissez vous emporter. Un brin de nostalgie, une pointe de regret surgit parfois. Comme l’image d’un temps ou d’un paradis quelque peu perdu de vue, mais à portée de voix.

Pen and Paper
(Jude Johnstone)

She’s a lonely child
Even when she’s not alone
And just a little wild
When she’s on her own

She’s got a busted heart
Though she never has known why
She only knows the part
That needs to cry

Pen and paper
Pen and paper
Take her somewhere
That she always wants to go
Pen and paper
Pen and paper
Where the sirens
And the cold winds never blow

She leads a busy life
In this busy town
And it feels a little like
She’s gonna drown

But she’s holding on
As hard as she can do
To the only home
That she ever knew

It’s second nature
Since she was a girl
She finds it safer
In her little corner of the world

Published by Mad Jack Music/Sajak Music (BMI)
Administered by Manatt, Phelps & Phillips

Vous pourrez écouter Jude Johnstone sur son site officiel. Vous y trouverez les paroles de ses chansons.

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PassantCafé

20 mars 2007

Pas besoin d’écrire tous les jours
Ici c’est mon espace respiration
L’espace aussi de mes coups de coeurs
Parfois des coups de blues

Passant ou visiteur régulier
Tu es le bienvenu
Ne te sens jamais obligé
De flatter ou d’aimer
Prends ce qui te plaît
Laisse ce qui te déplaît
Rien n’est pire dit-on que l’indifférence…

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LastWaltzCafé

15 mars 2007

Aujourd’hui, le facteur a sonné à la porte (deux fois comme le veut la tradition…).
Dans sa besace, la bande musicale du dernier concert mythique de “The Band” en novembre 1976, mis en scène et filmé par Martin Scorsese.
Quatre cd en viennent ainsi s’ajouter au triple album de vinyl, usé jusqu’à la corde.
Tout un pan de l’histoire de la musique américaine des années 1960-70.
Lors de la sortie du film en 1978, j’en étais à l’aube de ma culture musicale. Ce fut aussi mon premier film musical. Quel pied ! Quel film !
J’y ai ainsi découvert Dr.John, Van Morrison, Ronnie Hawkins et  Joni Mitchell notamment. Et surtout ce groupe mythique américano-canadien, accompagnant d’abord Bob Dylan lors de son passage de l’acoustique à l’électrique, puis réalisant une carrière solo après l’accident de moto de Bob Dylan.
Et je lis l’introduction de cette nouvelle édition , 25 ans après ce concert :
“Over the years, many journalists and others have commented on what a pivotal point it was in music and in their lives when they saw The Last Waltz movie or heard the record. It was that fertile period of the ’60s and ’70s coming to a heard. It was the end of an era.
Everything goes on, of course but it was different. […] the spirit of those times turned a corner and never came back. ” (Robbie Robertson, guitariste et chanteur du groupe)

La Guerre du Vietnam, les assassinats des frères Kennedy et de Martin Luther King avaient non seulement marqué leur temps, mais également inspiré la musique de ce temps-là. Le temps des désilusion ce fut pour plus tard. Reste la musique et l’électricité dégagée qui n’ont pas pris une ride. Juste une teinte de nostalgie.

Et rien à dire, rien à faire, The Band est certainement aujourd’hui encore le meilleur groupe du monde pour accompagner un autre musicien. Ils le prouvent lors de ce concert sans fin. Ainsi, en est-il de la version tout simplement hallucinante de Further on up the road en compagnie d’Eric Clapton. Géant :

Further on up the road

Someone’s gonna hurt you like you hurt me.
Further on up the road
Someone’s gonna hurt you like you hurt me.
Further on up the road,
Baby, just you wait and see.

You gotta reap just what you sow;
That old saying is true.
You gotta reap just what you sow;
That old saying is true.
Just like you mistreat someone,
Someone’s gonna mistreat you.

You been laughing, pretty baby,
Someday you’re gonna be crying.
You been laughing, pretty baby,
Someday you’re gonna be crying.
Further on up the road
You’ll find out I wasn’t lying.

Further on up the road
Someone’s gonna hurt you like you hurt me.
Further on up the road
Someone’s gonna hurt you like you hurt me.
Further on up the road,
Baby, just you wait and see.

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PrintempsCafé

4 mars 2007


© Ma planète 2007

Drôle de week-end.
Entre les trombes d’eau de vendredi soir/samedi matin,
Le temps printanier de dimanche en début d’après-midi,
Le retour des nuages en milieu d’après-midi
Et le soleil qui revient maintenant.

Toujours est-il que le temps était fort printanier ce dimanche.
Les enfants s’ébattaient dans le quartier
Les parents se sont installés sur leur terrasse.
Un signe ne trompe pas : nous recommençons à nous voir et à discuter à l’extérieur.
Tant que c’est l’hiver, il semble que seuls des spectres habitent le voisinage.
Dès que les beaux jours reviennent, nous retrouvons des visages que nous avions jusqu’alors perdu de vue.

Vive le printemps !

PS : comme je n’ai pas eu la présence d’esprit comme Fabienne de sortir avec mon appareil photo, je la pompe honteusement. Merci Fabienne !

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MamanCafé

1 mars 2007


Au hasard des circonstances nocturnes
Au hasard des chemins de la mémoire et des souvenirs
Sur ma platine virtuelle
L’heure est à la chair de poule.

Partir aux bouts cassés
Aux entrailles de chair
Voir la tranquilité
Comme on peut voir la mer

Partir aux innocences
Aux caresses du coeur
Une étoile à la chance
Une lune à dix heures

 

Partir au monde entier
Au commencement de tout
Aux péchés que j’avoue
Devant Dieu qui se tait
(Isabelle Boulay, Au moment d’être à vous)

Il en est ainsi de certaines chansons
Reliées aux circonstances
Tristes ou gaies de l’existence
Allez savoir pourquoi
Soudain du tréfond d’une tristesse enfouie
Revient à la surface une chanson

Et attraper le ciel
Pour seule maladie
Au bras d’une étincelle
Y retrouver la vie…
Y retrouver la vie…
(Isabelle Boulay, Au moment d’être à vous)

Soudain les événements, le contexte
Reviennent me hanter dans le soir blême
Le coeur se serre
La douleur revient
Du tréfond d’une blessure jamais entièrement cicatrisée
Du tréfond de l’absence désormais certaine de l’être aimé

Autrement, les sensations sont plutôt bizarres lorsque je m’occupe de son courrier ou de son appartement. C’est la première fois que je suis dans son appartement sans qu’elle soit présente.
C’est aussi la première fois qu’elle perd toute autonomie. Même quand elle a été en difficulté jusqu’alors avec son dos et que je m’occupais de certaines affaires courantes [notamment quand j’étais à la maison à l’adolescence], elle était à la maison, pouvait se mouvoir et gardait une certaine indépendance.
Là, elle est à la merci tant de l’hôpital que de moi.
(mars 2004)

Jour après jour
Il avait fallu lutter
Il avait fallu pas après pas
Continuer à avancer sans trop montrer
La douleur au fond du coeur

Cinq semaines maintenant
Cinq semaines rythmées
Au quotidien des visites hospitalières
Ou d’un coup de téléphone
Comme un long corridor
Sans fin
Pour ne pas parler de tunnel

Un pas devant l’autre
Et toujours la vie
Malgré tout
Pour les enfants
Contre le désespoir
Adossé au chagrin
(avril 2004)

Mais c’est dans la douleur de l’autre
Que s’inscrit le plus profond de mon désespoir
Alors que crie mon impuissance à l’en décharger
Combien de larmes et de cris dans la nuit?

Ma mère elle vacille plus ou moins fort suivant les jours.
Pauvre flamme ballotée au gré des douleurs ou des bonnes/mauvaises nuits.
C’est elle le courage. Clouée sur son lit à longueur de nuit et de journée.
Qu’il est, pour elle, autant dur de partir que de rester !
(début mai 2004)

A l’approche de la séparation prochaine et définitive
L’instabilité des jours rend le futur inepte
Un voile s’installe
Impossibilité de toute projection.

Mercredi, elle allait relativement bien, mais le tout entrecoupé de courts moments d’endormissement.

Hier, jeudi, en visite avec Christine, la plupart du temps elle n’était pas avec nous. Confusion et agitations.
Mais depuis qu’elle perd pied, elle ne souffre plus de ses douleurs physiques.

Je sais qu’ainsi, à petits pas, elle s’éloigne et prend confusément ou non congé de nous et du monde.
Tout en sachant que nous sommes là, que nous ne la laisserons pas.

 

Je sais qu’elle ne verra pas l’été.
Je le sais confusément et de plus en plus certainement depuis un certain temps.
(mi-mai 2004)

La fin est proche, mais l’heure ressemble à un déni
La rationalité ne sert qu’à tenir bon
L’été n’est qu’une catégorie à la fois proche, lointaine et impalpable
Les heures, les minutes, les secondes ne s’organisent
Qu’en fonction de la prochaine visite ou de la visite passée
Chaque demain est un autre jour
Combien d’étapes, combien de renoncement
Volonté de ne pas savoir le trop certain.
Il n’empêche malgré la certitude
La surprise vient au moment de la concordance
Entre l’annonce et la réalité de l’acte définitif
Le plus dur sera encore à venir…

Si j’étais jardinier
je ferais pousser une fleur
en forme de coeur.
Elle serait pour maman
qui la garderait longtemps.
Car maman saurait que la fleur
c’est tout l’amour de mon coeur.
(25 mai 2004)

Depuis il ne se passe pas un seul jour
Sans qu’à un moment ou à un autre
Son regard, mon regard, mes pensées
Partent vers elle
Sourire aux lèvres ou larmes à l’oeil.

Maintenant, je m’endors en pensant à elle, je me déplace en pensant à elle, je me lève en pensant à elle.
[…]
Absence et présence se mêlent, alternent, disparaissent et réapparaissent.
Elle est juste de l’autre côté. Mais de quel côté ?
(2 juin 2004)

Le mystère aujourd’hui reste entier
Comme les raisons qui ce soir me poussent à rédiger ce billet.

Un jour ou l’autre, on se retrouvera
Comme un matin d’enfance
Un jour tout autre, on se reconnaîtra
Au-delà du silence…

(Isabelle Boulay, Un jour ou l’autre)

Peut-être…

- Vous reprendrez bien un peu d’été?
- Avec plaisir, il ne peut pas faire de mal.
- Resterez-vous assis au bar?
- Pourquoi pas. Ici ou ailleurs, le temps se passe de commentaires.
- Alors je reviendrai vous trouver.
- Avec plaisir, cela ne peut pas faire de mal. Et même un peu de bien.
(21 juin 2004)

En ce temps-là sur ma platine accompagnant mes pas, s’égrénaient en boucle outre Isabelle Boulay : Diane Krall (Narrow Daylight), Karim Kacel (Mother, Mother, Bluesville, N’arrête pas de rêver), Mindy Smith (Hurricane)

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